Bounty Killer

    Artiste
    Bounty Killer
    Nationalité
    Jamaïcaine
    Prénom / Nom
    Rodney Basil Price
    Né le
    12/06/1972
    Site Web
    www.bountykiller.com

    Petite Présentation du WarLord

    Bounty Killer était en tournée en France début avril 2008 et s’est arrêté au Cabaret Sauvage à Paris le temps d’un concert explosif, retrouvez en images l’un des artistes dancehall les plus en vue depuis plus de 10 ans !


    Biographie :

    Artiste incontournable de la décennie 90, Bounty Killer fait partie des chanteurs les plus populaires de Jamaïque depuis plus de 10 ans et ne compte pas céder sa place. Inspiré par Brigadier Jerry, Ranking Joe ou Josey Wales, il s’émancipe rapidement de ses influences en bâtissant un style dévastateur avec une voix hors du commun qui le met encore aujourd’hui à l’abri de la concurrence des autres Djs des dancehalls. Surnommé « Warlord » ou « Poor people’s governor », Bounty Killer est une superstar prolifique et mystérieuse aux multiples facettes, ancrée dans la culture des ghettos de Kingston. Avec des styles novateurs sans cesse renouvelés, des textes authentiques et une maîtrise parfaite des différentes techniques vocales, il fait figure de référence dans le monde du reggae, du hip-hop et au-delà.

    Les premières années de Rodney Basil Price se déroulent dans les pires quartiers de Kingston : né en 1972 à Trenchtown, il déménage peu après à Riverton City, un bidonville surnommé Dungle situé sur les terrains de la décharge de Kingston où beaucoup d’habitants fouillent les déchets pour survivre. Plus tard, il atterrit à Seaview Gardens, une zone marquée par les affrontements politiques, au point qu’un de ses « corners » ait été baptisé Vietnam. Il baigne très tôt dans l’ambiance des sound systems, son père en possédant un. Il fait donc ses premières armes en racontant son quotidien au micro sous le nom de Bounty Hunter.

    A l’âge de 14 ans, il est blessé par une balle perdue sur le chemin de l’école. Avec son frère aîné, il pratique le « hustling » (petits boulots et débrouille) pour améliorer l’ordinaire de sa famille. Il se lie avec Angel Doolas, Nitty Kutchie ou Boom Dandimite, des jeunes artistes du quartier, et traîne à Waterhouse, au studio Jammy’s en attendant une opportunité. Mais à cette époque Jammy ne veut pas enregistrer de « gun songs ». Rodney Price est encouragé par son cousin John Wayne qui lui fait enregistrer sa première chanson, Gun must done en 1990 pour Trevor « Uncle T » James, le frère de Jammy. Il change son nom en Bounty Killer pour le titre Dub fi dub qui suit peu après pour le même producteur et établi sa réputation dans les sound systems, pour lesquels ils faisait déjà des jingles d’intro. Ses premier disques sortent avec un succès croissant: Coppershot devient un hit underground dans les « hoods » de New York, mais c’est Spy fy die pour John John (le fils de Jammy) qui le propulse au top en Jamaïque. D’autres disques sortent, des textes emprunts de réalités qui renforcent sa popularité et son respect. Racontant sans fioriture des situations vécues, il oscille entre des thèmes qui peuvent paraître contradictoires : célébration des flingues, de la justice expéditive des « rude boys », des filles, d’un côté, la souffrance des « ghetto youths », la critique politique virulente, la condamnation de la violence, la foi, l’amour maternel (Miss Ivy, le surnom de sa mère, apparaît dans plusieurs morceaux), de l’autre. Ces thèmes appartiennent pourtant à la même réalité et le public de Bounty Killer n’a aucun mal à s’identifier à ses textes. Véritable porte-parole de sa communauté, il acquiert le surnom de « Poor people’s governor ». Ces premiers succès, enregistrés au studio Jammy’s, sortent en 1993 sur un album publié par Greensleeves sous le titre explicite de « Jamaica’s most wanted ». Cette réputation, il devra la défendre tout au long de sa carrière.

    La même année, il défait ainsi Beenie Man, une autre star montante, au festival Sting. C’est sur cette base que les deux artistes vont construire et alimenter une rivalité musicale qui perudre encore aujourd’hui et ayant comme enjeux le trône du dancehall. Ils se partagent même un album chez Jammy’s. Cette propension au clash, lui vaut un nouveau surnom : « the Warlord ».
    En 1995, après deux autres albums (‘Down in the ghetto’et ‘No argument’) qui reprennent ses meilleurs singles sur la période, il quitte la famille Jammy’s pour monter le Scare dem crew (Nitty Kutchie, Boom Dandimite puis Elephant Man et Harry Toddler) et son label Priceless. En 1996 « My xperience », un album réalisé pour la première fois sous le contrôle de Bounty Killer, lui ouvre les portes du succès international (plus de 300 000 exemplaires vendus) grâce à des featurings avec les artistes reggae et hip-hop les plus en vue (Dennis Brown, Barrington Levy, Raekwon, Busta Rhymes, The Fugees…). Mais il reste fidèle à son public en refusant par exemple l’utilisation du morceau Fed up pour la campagne électorale d’Edward Seaga. Ayant en ligne de mire le public jamaïcain et américain, il renforce avec réussite le concept dancehall/hip-hop pour « Next millenium » qui sort en 1998. Sa production en 45 tours est par ailleurs d’une qualité constante depuis le début de sa carrière et lui offre régulièrement les premières places des charts de singles. La période 98-2000 offre des titres de très bon crus : Bounty suit de près la compétition, innove toujours sur le flow, sur les gimmicks et ne perd rien de ses lyrics subversifs. Des titres comme Anytime ou l’énorme Look (co-écrit par Dave Kelly) sont de véritables brûlots politiques qui lui valent pressions et censure. Cette profusion de morceaux lui permet de présenter en 2000 « 5th Element » un album reggae/dancehall qui regroupent des singles et quelques inédits.

    Toujours actif sur les meilleurs riddims, il assène le coup de grâce à l’été 2002 avec la sortie de « Ghetto dictionary », une véritable performance qui le place au-dessus du lot avec un double l’album présentant 40 morceaux dont beaucoup d’inédits. On y retrouve toute l’étendue de son style avec des titres en forme de règlements de compte (contre Merciless ou Baby Cham), des hymnes au dancehall et à la culture des ghettos ou des morceaux conscients comme les hits Sufferah ou Pot of gold. Il s’offre également une aventure musicale surprenante avec le groupe No Doubt.
    Si la décennie 90 est incontestablement riche en albums, les années 2000 voit un ralentissement de cette cadence. Les singles continuent pourtant à pleuvoir : parmi les plus côtés Look good, Yuh gawn ou Nah trace pour King of kings, Man a badman avec TOK, Nah go partial sur le riddim Thunderclap avec Assassin ou Fitness avec Angel Doolas.
    Devenu artiste de dimension internationale, Bounty Killer n’a pourtant pas coupé les ponts avec la Jamaïque et les communautés de Kingston : contributeur régulier aux œuvres de charité, il enregistre aussi pour d’innombrables labels et épaule de jeunes artistes. C’est l’une des raisons de sa longévité : dès que l’un de ses protégés perce, Bounty se retrouve à nouveau dans la lumière. Il met ainsi sur le devant de la scène Baby Cham, Elephant Man, Wayne Marshall, Vybz Kartel (qui commence par écrire des textes pour lui), Assassin ou plus récemment Mavado, Aidonia ou Busy Signal. A partir de 2002, il essaye de fédérer cette nouvelle génération d’artistes au sein de l’Alliance, entreprise difficile qui crée des rivalités fréquentes. Le crew se stabilise autour de Mavado, Busy Signal, Wayne Marshall et Bling Dawg et annonce un album pour 2008. Un de ces succès les plus récents, Bulletproof skin en 2006, est une réponse à Bulletproof vest de son rival de toujours, Beenie Man. Cette même année, le mannequin D’Angel a quitté Bounty pour Beenie, histoire qui a fait les choux gras de la presse jamaïcaine. Personnage incontournable en Jamaïque, Bounty Killer est toujours à l’affût des tendances et se retrouve régulièrement sur les derniers riddims des jeunes producteurs : il travaille ainsi pour Don Corleon (It’s ok, Mad n’ psycho), Stephen McGregor (Drop bullet) ou le label Daseca (Talk to dem, The Highest) et prépare un nouvel album pour 2008.
    Après plus de 15 ans de carrière, un catalogue de hits impressionnant et une qualité toujours au rendez-vous que ce soit sur scène, sur disque ou dans les boxes des sound systems (on se souviendra notamment de la belle collection de Bass Odyssey ou des new-yorkais de King Addies dans les années 90), Bounty Killer compte résolument parmi les grands noms du reggae et fait toujours figure de fer de lance de la musique jamaïcaine.

    Auteur : Benoit Georges pour ReggaeFrance

    Discographie :

    NAH NO MERCY

    2006

    GHETTO DICTIONARY – CD 1 The Art Of War

    2002
    VP

    GHETTO DICTIONARY – CD 2 The Mystery

    2002
    VP

    Bounty killer

    THE BEST OF

    1999
    DANCENET

    THE 5th ELEMENT

    1999
    TVT

    NEXT MILLENNIUM

    1998
    TVT

    GHETTO GRAMMA

    1997
    Greensleeves

    MY XPERIENCE

    1996
    Virgin

    NO ARGUMENT

    1995
    Greensleeves

    DOWN IN THE GHETTO

    1995
    VP

    ROOTS, REALITY AND CULTURE

    1994

    FACE TO FACE
    1994
    VP

    JAMAICA’S MOST WANTED

    1993
    Greensleeves

    Un Commentaire

    1. Salut, merci pour cet article vraiment interessant, continue comme ca, au plaisir de te lire!

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