The Viceroys : Inna de Yard

The Viceroys : Inna de Yard

Il y a des disques qui passent. Et puis il y a ceux qui reviennent régulièrement sur la platine, année après année. Inna de Yard des The Viceroys fait partie de cette seconde catégorie. Depuis sa sortie en 2006, je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai écouté. Et pourtant, il continue de procurer le même plaisir, comme au premier jour.

À l’époque, le concept Inna de Yard est encore une nouveauté. Le producteur français Stéphane « Scotch » Grégoire a une idée brillante : réunir des figures du reggae jamaïcain dans le jardin d’Earl « Chinna » Smith, guitariste de légende, pour enregistrer des sessions acoustiques loin des studios et des artifices. Quelques micros, des musiciens hors pair, des harmonies vocales… et surtout une ambiance impossible à recréer entre quatre murs.

Les The Viceroys étaient les candidats parfaits pour inaugurer cette aventure. Depuis les années 70, le trio n’a jamais cherché les effets de mode. Leur reggae repose avant tout sur des mélodies solides et des harmonies vocales d’une élégance rare. Débarrassées de leur habillage d’origine, leurs chansons semblent retrouver leur forme la plus naturelle.

Dès Heart Made of Stone, impossible de décrocher. La voix de Wesley Tinglin porte une émotion bouleversante, tandis que la guitare de Chinna Smith accompagne le morceau avec une délicatesse incroyable. Tout paraît simple. Pourtant, derrière cette simplicité se cache un savoir-faire immense.

L’album enchaîne ensuite les merveilles. YaHo gagne une chaleur presque familiale, Love Jah touche droit au cœur et Last Night rappelle à quel point les Viceroys savaient écrire des chansons intemporelles. Puis vient Slogan on the Wall, plus de neuf minutes de pur bonheur où personne ne cherche à briller plus que l’autre. Les musiciens se répondent naturellement, les voix s’entrelacent et le temps semble suspendu.

Ce qui me fascine toujours autant, c’est cette impression d’être assis avec eux dans la cour de Chinna Smith. On entend les respirations, les petits silences, les échanges entre les musiciens. Rien n’est figé. Rien n’est retouché à l’excès. La musique vit tout simplement.

Avec le recul, cet album a aussi lancé une série devenue incontournable. Aujourd’hui, les sessions Inna de Yard sont connues dans le monde entier et ont accueilli de nombreux artistes majeurs du reggae jamaïcain. Mais il faut bien reconnaître que les The Viceroys avaient placé la barre très haut dès ce premier volume.

Près de vingt ans après sa sortie, Inna de Yard reste l’un de ces disques vers lesquels je reviens instinctivement lorsque j’ai besoin de retrouver l’essence du reggae roots. Pas celui des grosses productions ou des effets numériques. Celui des voix, des instruments, du bois, des cordes et des vibrations.

The Viceroys : Inna de Yard

Morceaux incontournables

  • Heart Made of Stone ❤️
  • Ya Ho
  • Love Jah
  • Slogan on the Wall
  • Last Night

Mon avis sur ce The Viceroys : Inna de Yard

Il existe de très bons albums acoustiques de reggae comme l’album de Cédric Mython Inna de Yard. Il existe aussi de grands albums de reggae tout court. Inna de Yard des The Viceroys appartient aux deux catégories. Il ne cherche jamais à impressionner. Il touche simplement juste. Et c’est précisément ce qui le rend indispensable.

Un disque chaleureux, sincère et profondément humain. Un classique discret qui mérite une place dans toutes les discothèques reggae.

💿 Le disque de l’île déserte ?

Si je ne pouvais emporter qu’un seul album acoustique de reggae sur une île déserte, celui-ci ferait partie des très sérieux candidats. Vingt ans après sa sortie, il n’a rien perdu de sa magie. Au contraire, chaque écoute révèle un nouveau détail, une harmonie oubliée ou une émotion qui était passée inaperçue. Les grands disques vieillissent bien. Celui-ci semble même se bonifier avec le temps.

Un disque à posséder

Un album à écouter encore et encore.
Un incontournable du reggae acoustique.

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