Nom : Horace Hinds
Naissance : 19 février 1951 à Kingston
Pays d’origine : Jamaïque
Profession(s) : Auteur-compositeur-interprète
Genre(s) : Reggae Roots
Années actives 1967 – aujourd’hui
Label(s) : Studio one Records
Entourage : Massive Attack, Leroy Horseouth Wallace, Pierpoljak, Bob Marley, Dennis Brown, Elephant Man, Anthony B, The Congos, Takana Zion, Burning Spear.

Biographie

Horace Andy est un chanteur jamaïcain de reggae.

Né le 19 février 1951 à Kingston, en Jamaïque, Horace Hinds a grandi au sein d’une famille profondément passionnée par la musique. Élevé par sa mère, son père ayant choisi d’explorer d’autres horizons amoureux, il a été introduit très tôt dans l’univers des sound systems, où il a nourri sa passion pour la musique. Il partage des liens familiaux étroits avec le chanteur de ska Justin Hinds, qui est son cousin.

À l’âge de 16 ans, Horace Hinds a pris son véritable nom pour enregistrer son premier single, « This is a Black Man’s Country », en collaboration avec le producteur George Phillips au West Indies Recording Studio en 1967. Malheureusement, le single n’a pas connu un grand succès, et Andy (comme il était alors connu) est resté relativement inconnu jusqu’à janvier 1970. C’est à ce moment-là que, accompagné de son ami Franck McMelody, il s’est présenté à une audition pour Coxsone Dodd au Studio One. Bien que le duo ait échoué lors de cette première tentative, Andy a persévéré en retournant seul à l’audition quelques jours plus tard, laissant une forte impression qui marquera le début d’une nouvelle phase dans sa carrière musicale.

Skylarking et les harmonies envoûtantes de Horace Andy

C’est Dodd qui décide de rebaptiser le chanteur, en partie en hommage à Bob Andy, l’ancien chanteur des Paragons qui connaissait alors un immense succès, mais aussi pour le distinguer de son cousin déjà au sommet, Justin Hinds. Les deux partageaient déjà le « style de signature du jeune artiste ». Sur le riddim de Leroy Horsemouth Wallace et Leroy Sibbles, « Got to Be Sure », Horace Hinds interprète en solo la ballade qu’il a lui-même écrite lors de son audition, marquant ainsi le début de sa collaboration avec Dodd. « See a Man’s Face » et « Night Owl » sortent en 1971, suivis de « Fever » et « Mr Bassie » en 1972, juste avant la sortie du célèbre « Skylarking » d’Andy.

Initialement distribuée sur la compilation « Jamaica Today » de Dodd, la chanson est rééditée en single après avoir fait sensation au Tippertone Sound System Dance. « Skylarking » grimpe rapidement au sommet des charts jamaïcains, devenant l’un des morceaux les plus appréciés de l’époque.

Les années qui suivent sont marquées par le succès continu d’Andy. « Something on My Mind », « Love of a Woman », « Just Say No », « Every Tongue Shall Tell », « Christmas Time » et de nombreux autres succès dominent les charts. Andy interprète également « Oh Lord Why Lord », une chanson associée aux débuts des « The Parliaments » de George Clinton, jetant ainsi les bases de la chanson de Cat Stevens, « Where Do the Children Play ».

Au sommet de sa carrière, Andy quitte Coxsone pour rejoindre Phil Pratt, avec qui il sort des classiques tels que « Get Wise », « Feel Good » et « Money is the Root of All Evil », parmi d’autres titres sur lesquels il continuera à travailler plus tard.

Au début des années 70, Andy collabore avec de nombreux autres producteurs, dont Derrick Harriott, avec qui il sort « Lonely Woman », Ernest et Jo Jo Hoo Kim, avec « Girl I Love You », Gussie Clarke, avec « Love You to Want Me » et « Delilah », Trio International Reggae Rythm, Count Shelly, avec « Jah Jah Children », et Harry J, avec « God Is Displeased ». Il est également à l’origine d’une « version » de la chanson « Bless You » du chanteur pop Tony Orlando, remixée pour le label Bar-Bell de Robbie Shakespeare. Leonard Chin produit le deuxième grand succès d’Andy, « Children Of Israel », en 1973. Niney supervise « Nice and Easy » et « I’m in Love » en 1975, tandis que Jo Jo Hoo Kim produit l’étourdissant « Beware of a Smiling Face » la même année. Il chante également en duo avec Freddie McKay le succès « Talking Love ».

Cependant, c’est son partenariat avec Bunny Lee au milieu des années 1970 qui rapporte à Andy les plus grandes retombées financières. En sortant de nouvelles versions de « Skylarking » et notamment « Just Say Who », un remix percutant de King Tubby, la paire continue à sortir des 45 tours devenus de grands classiques, dont « Don’t Try to use Me », « You Are my Angel », « Rasta Saw The Coming », « Zion Gate », « Better Collie », « Serious Thing », « I’ve Got to Get Away » (alias « Man Next Door ») et « Pure Ranking ». On assiste également à la sortie de nouvelles versions de « Money is the Root of All Evil » (rebaptisée « Money Money »), « Love of a Woman » et « Something on My Mind ».

La voix indiscutable d’Andy lui vaut d’être constamment sollicité par d’autres artistes reggae. Jah Stitch et Doctor Alimentado se joignent à la liste pour bénéficier des services d’Andy (qui avait déjà fourni des backing mémorables sur le hit d’Alimentado de 1975 « Poison Flour », une chanson écrite et enregistrée suite au décès de plusieurs dizaines de personnes ayant mangé du pain fabriqué avec de la farine contaminée). Andy a également travaillé avec le DJ Clint Eastwood en 1978 sur le titre « Problem Times ».

Horace Andy déménage aux États-Unis en 1977, s’installant dans le Connecticut avec sa première femme, Claudette, et commence à collaborer avec Everton DaSilva, basé à New York et à la tête du label Hungry Town. L’album désormais classique « In the Light » et l’album dub de Prince Jammy « In the Light Dub » sortent des presses suite à cette collaboration, ainsi que plusieurs singles : « Do You Love My Music », « Youths of Today », « Fever » et « Government Land ».

Au cours des deux années suivantes, Andy et sa femme travaillent étroitement ensemble, jusqu’à la création de son propre label, Rhythm. Inauguré par la sortie du single « Don’t Let Problems Get You Down » (une chanson à l’origine enregistrée avec Leonard Cohen en 1972), le label sort de nombreux 45 tours d’Andy pendant deux ans, dont « Control Yourself », « Good Vibes » et « Ital Dub ». Malheureusement, les projets du duo sont anéantis lorsque DaSilva est assassiné en 1979. Deux ans plus tard, Andy frôle également la mort lorsqu’il est pris entre deux feux et blessé au bras droit en essayant de se mettre à l’abri, restant partiellement handicapé.

Horace Andy

L’évolution musicale de Horace Andy à travers les Décennies

En 1979, Andy collabore avec le producteur Morwells pour la sortie du single Black Cinderella et, alors que les années 80 débutent, Andy se lie profondément à ce qui va devenir le dance hall. Son album Pure Ranking est quasiment précurseur du genre. Dance Hall Style qui sort en 1982, confirme la tendance.

À cette époque aussi, Andy collabore avec Tappa Zukie sur l’album Natty Dread a Weh She Want et sur deux autres singles, Revolution et un remix d’un titre de la période Studio One d’Andy, Earth Must Be Hell. Il rejoint ensuite le producteur Ossie Hibbert pour sortir Sitting on a Hillside en 1980, Have You Ever Been in Love en 1981, Cool and Deadly en 1983, Ain’t No Love, You Are My Angel et Eternal Love en 1984.

Se mettant en relation avec l’équipe du studio Sonny Peddie and Jackal, les sessions suivantes d’Andy amènent tout un tas d’excellents singles en 1983 et 1984 comme Sweet Music, Confusion et Talking on Ice. En 1984 Andy collabore avec Chaka Demus, Don Carlos, Super Liki et d’autres pour l’élaboration de l’album Prince Jammy & The Striker Lee Posse Presents Music Maker Live at the Halfway Tree Jamaica.

En 1985, Andy et sa nouvelle femme, Caroline, déménagent à Londres, dans les environs de Ladbroke Grove. Andy signe sur le label indépendant Rough Trade et sort le single Elementary et l’album du même nom. L’année suivante, Andy s’essaye à l’auto-production pour la première fois avec le fabuleux morceau User ou l’on y retrouve Rhythm Queen.

Il continue à se rendre de temps en temps en Jamaïque, et en 1986 il renoue des liens avec Prince Jammy. Avec Steely and Clevie et The Fire House Crew en backing, Andy enregistre My Baby Knows How, Do Your Thing, Come in a This et Must Have to Get It en 1986 et 1987. Andy confirme son statut déjà signifiant quand Garnett Silk, vedette montante de l’époque, enregistre une version du hit d’Andy, Skylarking.

Horace Andy à Londres et sa collaboration avec Massive Attack

En 1988, de retour à Londres, Horace Andy entame une collaboration fructueuse avec le DJ Tonton Irie, donnant naissance au 45 tours « Bangarang ».

En 1990, le groupe de trip-hop bristolien Massive Attack sollicite Andy pour donner sa voix au riddim de leur chanson « One Love ». Cette rencontre marque le début d’une collaboration intense. Andy a depuis contribué à quatre des cinq albums du groupe, proposant des versions uniques de morceaux tels que « Spying Glass » de l’album « Dance Hall Style » et « See A Man’s Face », ainsi qu’une interprétation saisissante de « Man Next Door » des Paragons.

En 1994, Horace Andy enregistre « Seek and You Will Find Me » avec le producteur londonien Dennis « Mixman » Bedeau, donnant lieu à un album du même nom en 1995. L’album, accompagné du single « Life is for Living », est mixé par le collaborateur occasionnel de Massive Attack, le producteur de dub Mad Professor. En 1996, un deuxième single, « Zion », voit le jour, suivi d’un autre set de Mad Professor intitulé « Roots and Branches » en 1997 (Andy a également participé au Sunsplash 1996).

En 1998, Horace Andy revisite une nouvelle version de « I May Never See My Baby », une chanson qu’il a régulièrement revisitée depuis sa jeunesse, sous le label Sarse Perellar. Le label japonais Tachyon sort « Horace Andy sings Bob Marley », produit par Bullwackie. En 1997, le label de Massive Attack, Melankolik, publie la compilation « Skylarking » (à ne pas confondre avec le LP de 1972 du même nom), suivie du nouvel album d’Andy, « Living in the Flood », en 1999, comprenant une collaboration avec l’artiste reggae-punk Joe Strummer.

En 2001, Horace Andy fait une apparition remarquée sur l’album de Pierpoljak, « Tuff Gong Blues », enregistré au Tuff Gong Studio, avec un magnifique featuring intitulé « Want no hit ». Cet album sort en 2007.

En 2002, Horace Andy lance l’album « Mek It Bun » chez BMG, comprenant des productions marquantes de Sly & Robbie ainsi que des reprises de morceaux issus de « Night Nurse » de Gregory Isaacs. L’histoire musicale de Horace Andy continue ainsi, marquée par la diversité de ses collaborations et son engagement constant dans l’évolution de la scène reggae et dub.

Discographie


Albums

* Skylarking (1972, compilation)

* You are my Angel (1973, Trojan Records)

* In the Light (1977, Hungry Town)

* In the Light Dub (1977, Hungry Town)

* Pure Ranking (1978, Clocktower)

* Bim Sherman Meets Horace Andy & U Black (1980, Yard International)

* Natty Dread A Weh She Want (1978, New Star)

* Dance Hall Style (1982, Wackie’s)

* Exclusively Horace Andy (1982, Solid Groove)

* Showcase (1984, Vista Sounds)

* Confusion (1984, Music Hawk)

* Elementary, (1993, Rough Trade)

* Haul & Jack Up (1987, Live & Love)

* Everyday People (1988, Wackies)

* Shame and Scandal (1988, –)

* Hits From Studio One And More (1993, Rhino Records Ltd)

* Rude Boy (1993, Shanachie)

* Seek + You Will Find (1995, Blakamix Int’l)

* Seek and You Will Find – The Dub Pieces (1995, Blakamix Int’l)

* Life Is for Living (1995, Ariwa)

* Roots and Branches (1997, Ariwa)

* See and Blind (1998, Heartbeat)

* Mr. Bassie (1998, Heartbeat)

* Living in the Flood (1999, Melankolic)

* Mek It Bun (2002)

* From The Roots (feat. Mad Profesor) (Ariwa Sounds 2004)

* Livin’ It Up (feat.Sly & Robbie) (2007)

* On Tour (2008)

* Inspiration information (2009) (Horace Andy / Ashley Beedle)

* Two Phazed People With Alpha (2009) (La baleine)


Apparitions et Inédits

* Earth Must Be Hell ft Winston Jarrett & Earth Must Be Hell – Dub (1974, Atra)
* Unity Showcase ft Errol Scorcher (1981, Pre)
* Clash of the Andys ft Dennis Brown (1985, Thunderbolt)
* Reggae Super Starts Meet (1986, Striker Lee)
* From One Extreme to Another ft John Holt (1986, Beta)
* One Love, Five Man Army & Hymn Of The Big Wheel ft Massive Attack (1991, Blue Lines)
* Jah Shaka Meets Horace Andy ft Jah Shaka (1994, Jah Shaka Music)
* Dub Salute 1 ft Jah Shaka (1994, Jah Shaka Music)
* Spying Glass & Light My Fire (live) ft Massive Attack (1994, Protection)
* Angel, Man Next Door & (Exchange) ft Massive Attack (1998, Mezzanine)
* Want no hit ft Pierpoljak (2000, Tuff Gong Blues)
* Everywhen & Name Taken ft Massive Attack (2003, 100th Window)

Horace Andy sur le blog

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